Si Tayeb El Watani rentrait au pays six mois auparavant pour prendre les rênes d'une Algérie en pagaille, un peu comme il l'avait laissée vingt-huit ans avant. Il foulait le sol de sa chère patrie après trois décennies d'exil forcé. C'était le 16 janvier 1992. On venait de l'extirper de sa paisible retraite marocaine pour le rappeler àses devoirs de leader en lui jetant un pays dans les bras. Il trouva Alger terriblement agitée, en proie àune grande confusion. Une semaine auparavant, le 11 janvier, le président Chadli Bendjedid « était démissionné » pour faire barrage au second tour des élections législatives, largement remportées par le FIS. L'arrêt du processus électoral était décidé et une présidence collégiale, le Haut-Comité d'Etat, avait été créée au pied levé pour pallier la vacance de l'institution présidentielle. Mohamed Boudiaf devint ainsi le premier président du HCE. Dire que 28 ans auparavant, il avait quitté le pays dans l'angoisse et la précipitation. Il venait de passer trois mois dans le Sud, où il était détenu pour avoir dénoncé l'autocratie de Ben Bella. Ainsi était sa vie : une succession de péripéties plus orageuses les unes que les autres. Mohamed Boudiaf voit le jour le 23 juin 1919 àOuled Madi, dans la wilaya de M'sila. Il adhère très vite au PPA et devient l'un des membres fondateurs de l'l'Organisation spéciale (OS). En 1954, il est parmi les neuf historiques qui fondent le CRUA (et, par ricochet, le FLN) et est en tête du Groupe des 22 qui ...
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